Les relais de croissance des opérateurs résident-ils davantage dans les services, dans les contenus ou dans des acquisitions d'opérateurs positionnés sur les marchés émergents?
Comment les opérateurs pourraient-ils monétiser leurs réseaux en tirant profit des services, parfois à très forte valeur ajoutée (supposée convergence contenu-contenant, remise en cause de la net neutrality, ...)?
Comment se positionner face aux fournisseurs de services ainsi qu'aux autres acteurs de la chaîne de valeur de l'économie de l'information (hypothèse de la network separation, etc...)?
Il faut comprendre les inquiétudes des opérateurs: non-seulement ils voient les fournisseurs de services capter la plus grande part de la valeur ajoutée créée sur leurs réseaux, mais ils sont également menacés par ces mêmes fournisseurs de services sur le coeur même de leurs activités.
Google a par exemple manifesté son intérêt, certes mesuré mais bien réèl, pour des licences US, et des services tels Skype ou encore Google Voice menacent encore plus directement leur modèle économique et leur accès au client final (qui permet de maintenir des niveaux de rentabilité très élevés).
A cet égard, un acteur menace plus particulièrement le futur des opérateurs: il s'agit de Cisco.
Comme beaucoup d'entreprises de la Silicon Valley, Cisco dispose de réserves de cash considérables, en très forte croissance et bien supérieures à celles des opérateurs telecoms les plus importants.
A titre d'exemple, Cisco disposait de 6 milliards de $ en trésorerie nette fin 2009 et de 10 milliards de dette à long terme, contre 4 milliards de $ de cash pour AT&T, le premier opérateur américain, et 65 milliards de dette à long-terme.
Cisco aurait donc les moyens d'investir en masse dans la construction de réseaux aux Etats-Unis, ce qui est important compte-tenu de l'ampleur des travaux qui y sont à effectuer, et du poids des investissements à réaliser.
Mais en plus d'en avoir les moyens, Cisco a un intérêt stratégique majeur à devenir un opérateur de télécommunication. Il dispose déjà des services de télécommunications se situant "en bout de chaîne", qu'il s'agisse aussi bien de harware que de software, qui reposent très directement sur les réseaux, et propose même aux opérateurs des solutions visant à améliorer la gestion de leur réseau.
Cisco se situe en quelques sortes à mi-chemin entre les services et les réseaux, et devrait très probablement privilégier les seconds aux premiers dans sa stratégie à moyen-terme. Il en a à la fois les moyens et l'intérêt.
Cette entreprise remarquable doit certes investir beaucoup en Chine, ou elle n'est que très peu présente, mais une extension de ses activités aux réseaux de télécommunications pourrait être très tentante.
Pour cela, encore faudrait-il que Cisco gagne une certaine notoriété auprès du grand public, ce qui est aujourd'hui loin d'être son cas. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que les séries américaines les plus regardées regorgent de produits Cisco dans les mains de leurs héros...





